46 rue Jules Ferry - 93170 Bagnolet
Tel : 33 (0)1.48.57.91.46 - Fax : 33 (0)1 48 57 68 18
Alerte vente
------
Auction alert


Serge Reynes
Exposition Le Mali, entre Histoire et Tradition


Serge Reynes
Exposition L’art contemporain aborigène d’Australie


Antonio Guerreiro
Exposition Art et Textiles de Sumba


Le Figaro et Vous
La peinture aborigène dans tous ses éclats


Gazette Drouot
Masque Teotihuacan


Gérald Berjonneau
Masque Teotihuacan - Musées d'Art et d'Histoire GENEVE


Serge Reynes
Collector's Focus - APOLLO


Serge Reynes
Conférence pour l'inauguration d'Origine Expert


Ferdinand Anton
CHAVIN du MARANON - Der Fundplatz, das Material und die Ikonographie


Antonio Guerreiro
Arts de l'Insulinde


Marc Jallon
Art des aborigènes d'Australie


Antonio Guerreiro
Un poteau blontang


Maxime Gianton
Masques Tatanua, Nouvelle-Irlande, Mélanésie


Maxime Gianton
L'orfèvrerie de l'Amérique précolombienne


Erick Le Bras
Masques du folklore populaire mexicain


Yves Créhalet
Masques de Nuo : une culture à découvrir


Serge Reynes
Les Baoulés : une ethnie et des artistes

Les Baoulés : une ethnie et des artistes 31/12/2010
Statuettes Baoulé

Les Baoulés, ethnie majoritaire de la Côte d’Ivoire font partie du groupe Akan, ils occupent une partie de l’est du pays composée de forêts et de savane. C’est au cours du XVIIIème siècle que la reine ABLA POKU, à cause d’une importante menace ennemie, fut obligée de prendre la fuite avec son peuple. Les fuyards furent arrêtés par une rivière aux eaux impassibles et la reine dû se résoudre à sacrifier son jeune fils, afin pouvoir traverser et sauver ses sujets. Par la suite les Baoulés s’installèrent en Côte d’Ivoire, se divisant en plusieurs sous-groupes.

 

Ce sacrifice fut l’origine du nom Baoulé, car baouli signifie « l’enfant est mort ».

 

Le régime étant de type matrilinéaire, à la mort de la reine sa nièce lui succéda et dirigea le royaume de Sakassou. L’autorité de la reine ne s’étendait pas au-delà du village où elle vivait et son rôle avait avant tout une fonction de prestige. Les pouvoirs régionaux étaient confiés à des membres du clan royal. Ils exploitèrent les régions aurifères et développèrent une nouvelle civilisation, synthèse des Akans et des autochtones conquis. Au début du XIXème siècle la ruée vers l’or et les luttes de pouvoir internes provoquèrent le dépérissement de l’état, accéléré par l’occupation coloniale (J.N. LOUCOU, 1984). Au début du XXèm e siècle, A. NEBOUT et M. DELAFOSSE jugèrent les Baoulés comme, un état de parfaite anarchie tempérée par les traditions, les coutumes et le bon sens. La société Baoulé se caractérisait par un individualisme extrême, une grande tolérance, une aversion profonde pour les structures politiques rigides. Chaque village était indépendant des autres et décidait pour lui-même sous la présidence du conseil des anciens. Chaque membre du clan participait aux palabres, y compris les esclaves. C’était une société égalitaire et juste.

 

Les Baoulés croient en un dieu créateur Nyamien. Le dieu de la terre, Asié contrôle les hommes et les animaux. Les esprits ancestraux ou amuen sont dotés de pouvoirs surnaturels. Le monde surnaturel et spirituel est appelé Blolo. La religion est fondée sur l’idée de la mort et de l’immortalité de l’âme. D’après Madame Suzanne BOGEL, 1981, la création d’un nouveau culte peut être à la suite d’un rêve ou d’une crise de possession durant lesquelles l’esprit se révèle et explique à l’élu le rituel et ses règles ainsi que les objets qu’il doit faire fabriquer, en spécifiant la coiffure, l’âge, la posture ainsi que les scarifications s’il s’agit d’une statuette comme celles que nous présentons.

 

Les sculptures en bois permettent un contact plus étroit avec le monde surnaturel, elles sont des intermédiaires et apportent bienfaits et récompenses à leur propriétaire. Elles se caractérisent par un certain réalisme et personnifient les canons de la beauté tels qu’ils sont idéalisés par l’ensemble de la tribu. Elles ont des mollets ronds pour les femmes, des mains longues aux doigts effilés et des fesses sensuelles et suggestives. La coiffure harmonieuse est faite d’une multitude de nattes finement tressées et de chignons élaborés.

 

D’après Monsieur Jacques KERCHACHE, l’artiste africain, pour nous, est resté longtemps anonyme. Et pourtant il joue un rôle essentiel entre le visible et l’invisible, il participe à la cohésion et à l’évolution de son groupe culturel. Chez les Baoulés c’est uniquement l’homme qui peut devenir artiste. Il sera ensuite dirigé par les sages en fonction de ses dons vers différents secteurs de la vie sociale, la chasse, la parole, le chant, la musique ou le travail sur bois. Le jeune artiste tout en continuant à recevoir un enseignement général va entrer en apprentissage chez un maître ; tout comme l’apprenti peintre à la renaissance. Il va débuter par balayer, passer les outils, nettoyer l’atelier du maître. Il devra également acquérir deux langages, le profane qui correspond aux objets d’usage domestique et le sacré réservé aux objets rituels. Les jeunes restent en apprentissage de six à dix ans et c’est environ à l’âge de trente ans qu’on lui demandera de réaliser ses premières sculptures destinées à la liturgie, au rituel et à la cérémonie.

 

Les sculpteurs Baoulés créent leurs œuvres sans esquisse, sans étude et sans dessin préparatoire. Ils passent directement du concept à l’exécution. Leur art est le véhicule codifié de la sagesse ancestrale transmise au cours de leurs années d’apprentissage par leur maître. Ils ont démontré qu’ils emploient avec bonheur tous les matériaux à leur disposition. Ils se servent admirablement de l’ombre et de la lumière pour créer des volumes puissants et harmonieux. Et comme le dit JEAN LAUDE, ils sont capables de penser directement avec des formes dans les formes et de faire des jeux de formes et de lumière comme nous faisons des jeux de mots.

 

Bibliographie :
- S. et M. VOGEL, «Du visible et de l’invisible : l’art Baoulé», Ed. Adam Biro, Paris, 1999.
- A. M. BOYER, «Miroir de l’invisible : la statuaire Baoulé», revue Arts d’Afrique Noire, n° 44 et 45, 1982-1983.
- J. N. LOUCOU, «Histoire de la Côte d’Ivoire», CEDA, Abidjan, 1984.
- A. NEBOUT, «Notes sur les Baoulés», revue A travers le Monde, 1900, revue Arts d’Afrique Noire, n° 15, 1975.
- J. KERCHACHE, «L’art africain», en collaboration avec J. L. PAUDRAT et L. STEPHAN, Ed. Citadelles, Prais, 1988.

 

Serge Reynes


 

Maternité

 

Blolobian

 

Femme

 

Colon

 

Created by CPServ - 2010 / 2017
© Serge Reynes - Origine Expert sarl
Mentions légales